Dure semaine, que dis-je, dures semaines pour nous, celles qui nous venons de passer. Je ne voulais pas en parler à ce moment là. La douleur était là, vive, omniprésente. Le nœud au ventre, à la gorge, oppressant. Les larmes comme évanouies, pouf, impossible de les faire couler. Pour finalement les retrouver, mardi, bien là, qui coulaient sur mon visage, essuyant avec, cette douleur, ce nœud.
Mon mari s’est fait opéré d’un méningiome mardi dernier. Ca faisait un moment qu’il souffrait de grosses migraines, faiblesses dans les genoux et d’autres symptômes. Après un IRM où l’on voyait distinctement cette tumeur de 4cm, le service de neurochirurgie à la Pitié nous livre le verdict : hospitalisation de suite et opération dans les 5 jours. C’était mercredi, j’étais coincée à la maison avec ma puce ‘’ varicelleuse’’. Je reçois le coup de fil de mon mari de l’hôpital. Il m’annonce qu’il ne veut pas se faire hospitaliser le soir même. Qu’il préfère passer la nuit à la maison, préparer ses affaires, nous dire au revoir, partir au boulot, les informer, laisser les consignes, déléguer les projets avant de se faire hospitaliser. Sa maman, de retour d’un voyage en passage à Paris, a pu donc venir dès le dimanche. Son papa est arrivé le lendemain. Juste à temps pour son opération le mardi.
Il fallait être forte. Forte pour mon mari, forte pour la petite, forte pour la famille. Je n’avais pas le droit de me plaindre ou d’imaginer le pire. Pourtant, le pire je l’ai imaginé. C’était dur, très dur d’empêcher mon imagination de vagabonder. D’empêcher les si. D’empêcher les visions cauchemardesques. Et personne avec qui partager. J’ai essayé d’en parler aux amies mais elles même effrayées, refusaient d’entendre cela, essayant de me rassurer alors que je n’avais qu’une envie, raconter les scénarios noirs qui hantaient mon esprit dans une tentative désespérée de mettre au repos mon esprit vagabond.
Mardi le jour de l’opération. Ca a commence à 8h du matin pour finir à 16h30. De longues heures d’attente. Des prières silencieuses. La petite avait retrouvé le chemin de la nounou. Impossible de la garder avec moi, même si j’avais pris une autre semaine de congé. On nous a dit d’appeler la salle de réveil pour avoir des nouvelles de l’opération. Je n’ai pas pu. J’avais besoin de me déplacer. Comme si ça me donnait l’illusion de faire quelque chose, de contribuer à la réussite de l’opération. Car oui, l’opération s’est bien passée. Sans séquelles ni complications. Maintenant il faut attendre les analyses pour déterminer la nature exacte de ce méningiome. Mettre en place la suite du traitement.
Aujourd’hui, ca fait une semaine que mon mari s’est fait opéré. Il a retrouvé sa voix, son sourire, son optimisme. Il reste un peu fatigué et dort mal, très mal : on ne croirait pas mais on dort très mal dans les hôpitaux : bruit incessant, valse des infirmiers pour administrer les soins avec en prime un voisin qui ronfle ! Il sort demain, rejoint notre home, sweet home. Sa place dans le lit : il dort à ma droite. Je n’ai pas osé m’étaler sur le lit pendant son absence, prenant soin de bien garder son oreiller à sa place et surtout de ne pas succomber à la tentation de dormir avec ma petite dans le lit.
D’ailleurs, c’est la petite qui va être contente. Ces derniers jours, elle réclamait son papa sans cesse et surtout, dès qu’elle entendait la porte d’entrée s’ouvrir, elle se tournait vers la porte en disant « babba ? babba ? » (pour papa). On a réussi à l’emmener trois fois voir son papa à l’hôpital. Elle dormait du coup mieux la nuit. Sans se réveiller.