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lundi 9 octobre 2017

L’ascenseur émotionnel

5 ans que je me suis lancée à mon compte et 5 ans que mon ascenseur émotionnel est en activité perpétuelle.

Par moments, l’ascenseur monte en flèche, directement vers le penthouse où je me trouve formidable, méga intelligente, hyper pêchue, que rien n’arrête - avec la musique Eye of the tiger en toile de fond.

Et puis il y a des moments où l’ascenseur descend directement au sous-sol pour y rester coincé et je me dis mais b*$% !&# qu’est-ce qui m’a pris de me lancer dans cette voie.

Parfois je me sens pousser des ailes, surtout quand les propositions de mission se succèdent, se calent bien dans le planning, et que les budgets proposés sont validés sans sourciller.

Et parfois j’ai franchement du mal à me projeter, je me sens dépassée, incompétente, bref, que je suis une imposture. Les mails restent sans réponse, les propositions de rdv aussi. Je ne vois pas d’issue, l'auto-flagellation est à son paroxysme et je m’inquiète sérieusement de ce que le futur me réserve.

Etre à son compte présente certes pas mal d’avantages – même si beaucoup de ses avantages relèvent plus de l’ordre du fantasme (choisir ses heures/ses missions, avec qui on travaille, faire une sieste quand bon il nous semble, se mater le dernier de GOT = FANTASMES !!!).

Mais être à son compte présente également beaucoup de défis ; des défis pour lesquels je n’étais pas forcément préparée. J’apprends donc à résister aux râteaux, à ne pas me sentir personnellement rejetée. Je m’interdis l’auto-flagellation – ou alors je me le permets 3 secondes avant de me donner un coup de pied à mes propres fesses. J’essaye de positiver, je redouble d’efforts, je me mets à rencontrer de nouvelles personnes, à garder le contact avec mon réseau, à développer mes centres d’intérêt par ailleurs … et de garder espoir. Car c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour ne pas tout envoyer balader.



mercredi 8 mars 2017

Le consentement expliqué à ma fille


A presque 9 ans, le rituel de la lecture du soir reste sacré et depuis quelque temps, nous lisons ensemble "Le feuilleton d’Hermès – la mythologie grecque en cent épisodes" par Murielle Szac.


Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le recommande vivement : comme son titre l’explique, ce livre raconte l’histoire d’Hermès, messager des dieux et fils de Zeus, en cent épisodes. Chaque épisode fait 2 pages, 3 au plus ce qui en fait une lecture rapide et ludique à la fois.

Dans l’épisode « Au cours duquel Zeus tombe amoureux d’Europe », Zeus se transforme en taureau pour mieux approcher Europe, l’isoler de son groupe de copines … et ainsi l’emmener loin de tous, sur l’île de Crète où Zeus a été élevé. L’épisode n’explique pas trop ce qui se passe après sur l’île, et c’est tant mieux. Je n’ai pas pu m’empêcher de dire tout haut ce que je pensais tout bas « mais c’est du kidnapping ! ».  Ma fille, ne connaissait pas ce mot et ne comprenait donc pas ce qui me gênait dans l’histoire. Elle voyait juste l’amour de Zeus mais n’a pas saisi qu’à aucun moment, on a demandé l’avis d’Europe : Voulait-elle partir avec Zeus sur cette île ? Était-elle d’accord pour laisser toute sa vie derrière elle ? A cela ma fille répond : si elle n’était pas d’accord, elle l’aurait dit.

C'est à ce moment là que j'ai compris qu'il était important d'enterrer une bonne fois pour toute l’adage « qui ne dit rien, consent » et surtout lui expliquer, avec des mots simples qu'elle peut appréhender, ce que c’était le consentement:

  • Qu’il faut toujours demander expressément l’avis de l’autre pour ne pas lui imposer quoi que ce soit. 
  • Qu’il faut être à l’écoute, et s’arrêter quand c’est demandé. On lui rappelle qu’à juste titre, on ne lui impose pas nos câlins et nos bisous (même si on en meurt d'envie !), et quand elle ne veut pas, on ne la force pas. 
  • Qu'elle ne doit pas accepter les bisous volés, qu’on lui tire les cheveux ou qu’on lui tapote les fesses, même si c’est juste un jeu « innocent ». 
  •  On a insisté sur le Non, c’est Non, quand c’est elle qui le dit et quand c’est quelqu’un d’autre qui le dit et qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à jouer si elle ou il n’en a pas envie. 
  • Qu’il faut apprendre à « lire » l’autre, à comprendre ses émotions et développer son empathie car parfois, on se sent intimidé ou on a peur de dire Non. 
C’est ainsi que j’ai essayé d’expliquer le mutisme d’Europe dans cet épisode avec Zeus et j’espère qu’elle a intégré en partie cette discussion. Je me rends compte que ma fille grandit, que ce n’est plus la petite fille au visage rond, et aux joues de bébé qu’elle était il y a tout juste 6 minutes. Qu’à 8 ans et demi presque 9 ans et 1m40, elle a l’air d’une pré-ado et que ses préoccupations vont de plus en plus dans ce sens. Et croyez moi, cela fait un sacré coup au coeur.

 J'essaye de profiter de chaque moment passé avec elle pour être à l’écoute et ainsi rebondir sur des sujets importants comme le consentement … mais aussi le féminisme dont on parle de plus en plus ... mais, ça, on en reparle une autre fois  !

vendredi 9 décembre 2016

C'est quoi le succès?

Ce matin, je me suis levée plutôt que d’habitude. Je me suis glissée dans le lit de ma fille pour la réveiller en douceur, avec des bisous et des câlins, comme au bon vieux temps, quand elle ne mesurait pas plus qu’un mètre, ou presque. Je l’ai aidé à se préparer avant que le papa ne l’emmène à l’école. Ensuite, j’ai pris mon petit déjeuner avec une petite tisane bien chaude. Me suis changée et me suis assise devant mon ordi. Il était à peine 8h30. Il faisait beau, le ciel était bleu, quelques rayons de soleil glissaient sur mon beau tapis Boucherouite, chinée dans les ruelles d’Assilah et qui a pris place, fièrement, sous mon bureau aménagé à la maison.

Et puis j’ai pensé que j’avais une chance folle de pouvoir travailler de la maison, d’être disponible pour ma fille, d’avoir pu m’emménager un joli coin qui m’inspire pour avancer dans mes projets, de ne pas avoir à prendre la voiture et braver les embouteillages devenus caractéristiques de la ville de Casablanca.  J’ai pensé que pour rien au monde je ne changerai mon projet de vie tel qu’il est aujourd’hui.  Et j’ai pensé que si ce n’était pas ça le succès, ça y ressemblait fortement.



Car finalement, c’est quoi le succès ? La réussite ? Est-ce forcément avoir un poste à responsabilité, avec une voiture, un(e) assistant(e), un gros salaire et des primes à chaque fête ? Est-ce que le succès se mesure à la puissance de sa voiture, la taille de sa maison, la marque de son sac à main, les miles sur sa carte Flying Blue ou Safar Flyer?

Cela peut-être bien entendu la définition du succès pour certains, et pourquoi pas après tout ! On nous a inculqués depuis notre enfance que le succès, ou du moins la stabilité, venait d’un travail stable avec salaire et primes, une voiture et une maison - ou un appartement, on ne va pas chipoter ! Que si on allait  à l’école, c’était pour ne pas finir éboueur mais bien pour accéder à des postes de cadres en entreprise, ou, le graal, dans la fonction publique. A ce stade, je tiens à préciser que je n’ai rien contre le travail d’éboueur et qu’il n’y pas de sot métier.

D’ailleurs, on parle d’auteurs à succès, d’acteur à succès, ou d’entrepreneur à succès quand leurs œuvres ou réalisations atteignent un niveau de reconnaissance, d’amplitude  élevé.  Il y a donc bien souvent une notion de quantité  inhérente à ce qu’on définit habituellement comme succès.

Et ce rêve (pas celui d’auteur ou d’acteur mais celui d’un poste à responsabilités), était clairement le mien quand j’avais 20 et même 30 ans. Mais depuis que je suis devenue maman, je vois les choses autrement. J’ai longtemps pensé que je n’avais plus d’ambition. Mais je pense juste que j’ai changé de lunettes. Que je vois les choses autrement. Bien sûr, j’ai toujours envie d’avoir une petite maison, rien qu’à nous, avec un jardin pour y faire des barbecues l’été et une cheminée pour se peloter devant l’hiver. J’ai toujours envie d’un beau sac à main de temps en temps et je serai bien contente de recevoir une prime à Noël ou El Aid. Mais ce n’est pas mon moteur au quotidien.

Je ne dirais pas non plus que le succès c’est le bonheur. Je pense que le succès vient d’une vision, d’un projet de vie, et se construit sur le chemin de sa réalisation. Mettre un pas après l’autre sur ce chemin, voir son  projet se réaliser jour après jour, avec souvent des sacrifices , parfois des pleurs,  tomber, se relever, douter de soi beaucoup,  douter du lendemain encore plus, poser des petits jalons, ici et là, et prendre le temps d’observer, apprécier tout le chemin parcouru : c’est déjà une belle réussite en soi.


Et pour vous, c’est quoi le succès ?  

jeudi 1 décembre 2016

Y en a marre des devoirs !

Y en  a marre des devoirs.

Voilà, c’est dit, il fallait que ça sorte.



En fait, j’ai vraiment beaucoup de mal avec la notion des devoirs en primaire. Voyez-vous, cher lecteur, j’ai grandi au siècle dernier aux Pays-Bas, à Amsterdam plus précisément. Et là bas, ben il y a pas de devoirs, ni de livres ou de cahiers à ramener de/à la maison. Ce qui se passe à Vegas, euh à l’école, reste à l’école.

Pourtant, les Pays Bas s’en sortent plutôt bien si on croit le dernier classement PISA : 10ème au
monde, deuxième après la Suisse en Europe. La France, elle, se trouve à la  25ème place. Les mauvaises langues diront ouais, mais t’habites au Maroc toi ! Oui, c’est juste, mais ma fille suit l’enseignement français, à l’AEFE, avec des professeurs des écoles envoyés par l’éducation nationale. Et toc.

Mais revenons-en au calvaire des devoirs.

Ma fille est donc en CE2. Tous les jours elle a des devoirs pour le lendemain. Sans parler des devoirs qu’on récupère le vendredi soir pour le week-end: un paquet de choses à faire, réviser, apprendre qui nous prend facilement une bonne demie journée, voire plus.

Parfois, cela se passe facilement, dans la joie et la bonne humeur, sans s’énerver  … mais il arrive très souvent ce moment où cela part en sucette : elle commence à s’impatienter, à ne pas tenir sur sa chaise. Elle a chaud, se gratte partout. Déclare qu’en fait elle n’a rien compris et finalement, est-ce que c’est si grave de ne pas réviser, d'avoir de mauvaises notes?

Et ça finit comment ? Je vous le donne  dans le mille : je m’énerve, elle s’énerve par la barbichette, la première qui pleure, se prend une tapette ….

Pourtant on n’attend pas la dernière minute pour réviser. Travaillant de la maison, je récupère ma fille tous les jours à 16h15. On prend le temps de discuter, de faire un goûter avant de s’attaquer aux devoirs. C’est un temps qui empiète sur mon temps de travail et que je dois récupérer par la suite. Et d’ailleurs c’est cela qui m’énerve en fait, au fond. Je vois que je vais passer un temps fou le soir, devant l’ordi, alors que je n’ai qu’une envie, faire tout sauf cela. C’est aussi une des raisons pour lesquelles je ne suis plus très assidue sur le blog. J’ai littéralement plus le temps de faire autre chose de ma vie.

Mais revenons-en au calvaire des devoirs.

Je n’ai pas encore trouvé de solution miracle à part la responsabiliser – ça commence à prendre forme petit à petit. Elle arrive à faire ses devoirs de maths et de français seule, je n’ai qu’à vérifier après. Mais elle a encore besoin d’aide pour digérer les leçons sur l’espace, les expériences scientifiques, ou encore l’Anglais et l’Arabe.

Autrement, on se partage avec le papa les devoirs le weekend mais en semaine, c’est plus difficile.
Et à part ça, je ne vois pas grand-chose d’autre.

Si vous avez donc des astuces, des idées, des boissons ou autres substances qui peuvent aider à remettre un peu de zénitude à tout ça, je suis preneuse.

mercredi 8 juin 2016

Le foot c'est pour les garçons.


Hier, comme à son habitude au moment du goûter à la maison, ma fille me raconte sa journée à l’école : ce qu’elle a fait en classe, ce qu’elle a fait à la récré, la collation qu’elle s’est encore (!!) échangée avec sa copine, la carte Pokémon que son copain lui a promis … et puis, elle me dit, avec des cerises pleines la bouche : « Tu sais, untel m’a dit que j’avais pas le droit de jouer au foot. Que c’était que pour les garçons ».

Ceux qui me connaissent savent que je suis intolérante devant ce genre de réflexions ! Depuis quand le foot n’est que pour les garçons ? On ne lui a jamais parlé de la coupe du monde féminine du foot ? Faut-il un pénis pour taper dans une balle ? et puis … Mais je me reprends, j’inspire profondément et lui demande :
 « - Et tu as répondu quoi ?
- Ben rien, j’ai continué à jouer au foot avec les autres».

Je ne sais pas si c’est l’âge de ma fille et donc de ces camarades (élèves de CE1) mais elle me raconte de plus en plus des réflexions de ce type : un garçon qui fait une fête d’anniversaire Avengers et qui ne veut donc pas inviter les filles car – c’est bonne connu – les Avengers ce n’est QUE pour les garçons, un autre qui refuse de faire un atelier découpage/collage avec des feuilles roses car le rose – c’est bien connu – c’est pour les filles (j’ai pris un malin plaisir à lui faire remarquer que son t-shirt était bien rose, rose pâle peut-être, mais bien rose !!), ou encore l’autre copain de classe qui se moque ouvertement de ma fille parce qu’elle portait un t-shirt Star Wars avec des Stormtroopers et que c’est bien connu, Star Wars ce n’est que pour les garçons.

Mais d’où leur vient cette idée, si tôt dans leur vie, que Star Wars, Avengers c’est pour les garçons, et que le rose c’est pour les filles ? A quel moment se forment ce genre d’idées ? Est-ce la faute des parents, des fabriquants des jouets, de l’école ou celle de la société en général ? Véhiculons-nous-mêmes des stéréotypes au quotidien sans nous en rendre compte ?

Soupir.

Prenez l’exemple de cette conférence dont j’ai vu l’affiche passer la semaine dernière. Une conférence qui invite les « mamans » pour leur donner conseils, outils, techniques pour soutenir leurs enfants qui passent le Bac. Et les papas dans tout ça ? Ils n’ont pas de rôle à jouer ? Réponse de l’organisme – dont je tairai le nom - : « Les mamans sont les plus stressées pendant la période du bac, le transfert du stress peut se faire plus facilement de la maman à son enfant. Les papas gèrent mieux leur stress face à ces situations ». Seriously ? 



Le même semaine, une autre conférence organisée par ce même organisme sur l’industrie à l’ère du digital ou quelque chose de ce genre (c’est bien connu, mon petit cerveau de femme ne peut appréhender ce genre de problématiques) : table ronde avec 4 invités hommes et un modérateur. Où sont les femmes ? Tout comme le grand philosophe Patric Juvet, j’attends toujours la réponse.

Un autre exemple criant de vérité, tout aussi inquiétant car venant d’une école de maternelle qui devrait donner l'exemple aux enfants dès leur plus jeune âge. Cette école envoie un message, un email, aux « messieurs », aux « papas » des enfants de l’école pour solliciter leur aide afin de réaliser le montage du podium en vue de la fête de fin d’année. Réponse brillante d’une des mamans: «Désolée, chez nous les garçons sont à la cuisine et les femmes montent les meubles. On ne vous sera d’aucune utilité cette année ! »

Le pire là-dedans ? C’est quand on met le doigt sur des scènes de sexisme ordinaire et que la personne en face balaye tout cela d’un revers de sa main. Cela peut-être un homme mais aussi des femmes. Et j’avoue que cela m’affecte bien plus que si c’étaient des hommes.

Si nous, entre femmes, nous ne sommes pas capables de relever ces actes de sexisme ordinaire à notre égard, comment inculquer l’égalité à nos enfants ? Comment apprendre à nos garçons à respecter les filles, et les femmes qu’elles seront plus tard ? Comment expliquer à nos filles, qu’elles ne sont pas limitées par leur organe génital ? Que si elle a envie d’être charpentière ou footballeuse, ou astronaute ou que sais-je c’est elle qui décide, que ce sont ses compétences qui décident et non la place que les autres veulent lui donner dans la société ?

Le problème avec le sexisme ordinaire, c'est qu'il est tellement ancré dans les esprits, dans les habitudes, qu’il devient inconscient. Et c’est souvent dans nos échanges au quotidien, ceux de nos enfants avec leurs camarades, mais aussi en entreprise, dans la rue ou à la télévision qu’il se pratique, au vu et au su de tous. Et les exemples que j’ai cités ne représentent que le 1% de ce que j’ai vécu ou de ce que d’autres ont vécu.

Ce sexisme ordinaire, inconscient, est bien ancré dans chacun de nous, et je m’inclus dedans bien entendu. Je me surprends parfois à juger de l’apparence vestimentaire d’une interlocutrice dans le milieu professionnel alors que je ne le fais pas automatiquement avec un interlocuteur. Je me surprends parfois à me demander mais comment fait untelle pour s’occuper de sa famille vu les déplacements qu’elle fait, et jamais, jamais, je me pose la question quand il s’agit d’un homme.

Comment donner l’exemple moi-même ? Comment éviter à ma fille d’assimiler les préjugés ou de perpétuer des schémas qui renforcent les clichés ?  Et si pour commencer, on ne se taisait plus et qu'on montrait du doigt ces actes de sexisme ordinaires, à chaque fois qu'elles se produisent devant nos yeux, qu'on soit homme ou femme, fille ou garçon? Car, et je le crois très fort, on a tous un rôle à jouer.


vendredi 1 avril 2016

Un premier avril sans saveur.


Il m’est arrivé quelque chose de magique pendant nos  3 semaines de vacances en Polynésie : j’étais complétement déconnectée.  Je n’avais pas ou alors que peu de connexion internet, juste suffisamment pour pouvoir poster une à deux photos par jour, et encore …

On ne regardait pas la télé, ou alors on ne regardait que la section météo pour  avoir des nouvelles de la « dépression » qui menaçait les Îles du vent et qui pouvait altérer notre programme de visite de la Polynésie. Je ne suivais pas ou peu les médias sociaux, ne lisais pas les journaux et ne me laissais donc pas envahir, agresser, par toutes les horribles choses qui se passent partout dans le monde. J'étais dans une petite bulle.



Et puis  comme toute chose à une fin, surtout les bonnes choses, retour à la vie normale. Et retour à ma réalité de privilégiée. En bonne santé, bien entourée, avec un travail, une famille et des amis qui m’aiment. Avec un accès à l’eau potable, à l’électricité, à Internet et même Netflix depuis peu (pas mais pas encore la nouvelle saison de House of Cards !!!!). Je peux sortir, m’amuser, faire des projets d’escapades et de voyages, et même avoir des rêves à nourrir et à caresser.

Mais la réalité de ce qui se passe ailleurs me rattrape à tous les moments de la journée.

Des fous qui se prétendent musulmans et qui se font exploser sans discernement, emportant avec eux grands et petits, pour je ne sais quel projet idéologique ou récompense céleste fumeuse. Afghanistan, Nigeria, Turquie, Belgique, France, Irak, Libye, Tunisie, Indonésie, Pakistan, Syrie, Irak, Mali, Côte d’Ivoire et j’en oublie certainement d’autres.  Des pays meurtris, des familles déchirées, des populations apeurées, tristes, en colère…

Des pays en guerre, avec comme victimes des innocents, encore et toujours, qui n’ont plus  le privilège, comme moi, comme toi, d’avoir des projets et de caresser des rêves, si ce n’est celui de survivre chaque jour à la fois. Des petits et des grands, qui n’ont rien demandé à personne. Qui se sont réveillés un jour, moche, pour ne plus trouver de toit sur leurs têtes. Ces gens, ça aurait pu être moi, toi. La seule chance qu’on a, est celle d’être né ailleurs. Donc aucun mérite. De la chance, tout simplement.

Des pays qui se déchirent avec des mots, des gestes, qui montent les uns contre les autres. Des pays démocratiques, qui aiment donner l’exemple mais qui oublient de balayer devant leurs portes. Des ministres qui ne pèsent pas le poids de leurs mots et font des comparaisons foireuses, des élus qui alimentent le feu et brandissent un doigt accusateur vers des personnes, comme moi, comme toi, qui n’ont rien demandé à personne et qui veulent bien aussi continuer à caresser leurs rêves, sans avoir peur de discriminations, voire d’agressions dans une allée mal éclairée.

On se focalise sur les intentions cachées derrière un bout de tissu sur la tête, on chipote sur la longueur d’une jupe et la largeur d’une robe. On confond, on met tout le monde dans le même sac.
On oublie les vrais problèmes, le manque d’espoir chez les jeunes, les toxicités qui nourrissent nos corps, nos cœurs et nos âmes. On regarde arriver la haine et le racisme qui galopent, cheveux dans le vent,  mais dans la main et qui s’installent tranquillement, sans que ça dérange grand monde.

Aujourd’hui c’est le 1er Avril. Et je n’ai pas le cœur à la légèreté. Ma raison me dit d’arrêter de lire les journaux,  de suivre les médias sociaux mais mon cœur n’est pas dupe. La souffrance est là, la tristesse et la colère aussi. Ainsi que la haine et l’hypocrisie.  Et ce n’est pas en se coupant du monde, que sa détresse dispaîtra.

mardi 8 octobre 2013

Raconte-moi une histoire non sexiste*


Ce titre, je l'emprunte volontiers à l'article paru sur slate en 2012 au même nom : Raconte-moi une histoire non sexiste* et écrit par Cécile Dehesdin.



Cet article, et son titre, sont révélateurs de mon était d'esprit. En effet, cela fait un moment que je cherche des livres qui sortent un peu de l'ordinaire pour Mademoiselle: des livres où les stéréo-types sont éclatés, où une princesse n'attend pas son prince charmant dans un coin de la maison, où les princes seraient des êtres tout à fait normaux, où la beauté n'est pas le critère déterminant pour réussir dans la vie.

Si je me pose la question, c'est que j'ai remarqué que ma fille inventait ses propres histoires ... et souvent, quand il n'y a pas un loup dans l'intrigue, c'est une princesse qui attend son prince charmant. On lui lit pourtant beaucoup de livres différents, et qui ne sont pas tous centrés autour d'une princesse ou un prince. Mais je me rends compte qu'on a peu de livres où le héros est une héroïne, une héroïne forte et courageuse ou espiègle et facétieuse, et où on s'en fout de sa beauté comme de l'an 40 !

Dans son article, Cécile Dehesdin mentionne à juste titre une étude menée par Anne Dafflon-Novelle, qui constatait que "sur la littérature jeunesse francophone publiée en 1997, 51% des livres racontaient l’histoire d’un héros, 25% l’histoire d’une héroïne".  Selon cette étude, les filles et les garçons ne sont pas représentés de la même façon : "Dans 7 histoires pour calmer les colères et les petits chagrins, les mini-histoires sont suivies de conseils pour se calmer: alors que les quatre histoires sur la colère ont trois héros et une seule héroïne, c’est aux petites filles que se destinent les conseils pour ne pas être en colère, pas aux petits garçons".

Heureusement, que l'article en question recence également plein de ressources et d'ouvrages "non-sexistes", pour tous les âges. J'étais agréablement surprise d'y retrouver "Péronnile la chevalière" un des livres favoris de ma fille: Péronille est une chevalière très courageuse dont le travail est de combattre les méchants !

Et dans un autre registre, Mademoiselle sauve-qui-peut, de Philippe Corentin est une jolie histoire autour d'une fille, pas tout à fait chaperon-rouge, qui terrorise tout le monde, le loup inclus.

   

Et vous, des histoires non-sexistes à proposer? Ou alors vous pensez que j'en fais tout un plat?





D'autres ressources pour aller plus loin:
http://www.adequations.org/spip.php?article1584 (avec une liste d'ouvrages "non-sexistes" pour enfants)
http://www.lab-elle.org/actions/livres/

mardi 23 avril 2013

Une de trop...


Souvent, les enfants apprennent les leçons de vie entre eux... Ils apprennent la frustration, les mensonges, la méchanceté ... Ils apprennent aussi que les liens humains se font et se défont, qu'ils sont fragiles ... surtout à leur âge (ou pas que?).


La semaine dernière, nous avons rejoint des amis à nous pour déjeuner ensemble au bord de la plage. Ils ont une fille unique, comme nous, qui à peu près le même âge que la nôtre (on va l'appeler Ella).

Elles se connaissent, se voient de temps en temps et se retrouvent avec plaisir à chaque occasion. Cette fois ce fut pareil. Elles nous ont vite laissé pour aller jouer sur le sable.

Et puis nos amis rencontrent un autre couple d'amis qu'ils connaissent ... et leur fille est une bonne copine à Ella qu'elle a retrouvé en criant de joie. Très vite, les deux amies ont commencé à jouer ... et ont complètement mis à l'écart ma fille en refusant de la faire participer à leurs jeux.

Triste, ma fille revient avec les larmes aux yeux et me raconte ce qui s'est passée. J'avais le cœur brisé mais j'ai comme règle (d'essayer) de ne pas me mêler des histoires des enfants entre eux. Ca finit souvent pas s'arranger et surtout, ça lui apprend ainsi la vie, la vraie.

Le papa d'Ella, en revanche, n'était pas content du comportement de sa fille, surtout qu'elle a vécu la même situation quelques jours auparavant et que ça l'avait énormément blessé. Il en a parlé, malgré mes protestations mais ça n'a rien arrangé: comment obliger un enfant à jouer avec un autre? D'ailleurs, à trop forcer, on peut finir par créer l'animosité entre eux, non?

Je suis très reconnaissante au papa d'Ella d'avoir voulu essayer d'arranger les choses (J'aurai fait pareil). Car c'est aussi une façon d'apprendre aux enfants l'empathie, de leur apprendre l'art de se mettre à la place des autres.

Et vous, vous aurez réagi comment?

jeudi 14 février 2013

Les 50 nuances de la culpabilité maternelle

Je le disais il y a 3 ans, ou presque: en devenant maman, on signait un CDI avec la culpabilité maternelle: ça commence d'ailleurs dès ce moment magique où on se sent enceinte et investie de la mission suprême qui est celle de garder son bébé au chaud le temps de la grossesse jusqu'à l'accouchement (par voie basse et sans épidurale si possible).

Mais je ne vais pas revenir sur la culpabilité que l'on s'inflige pendant les premiers mois de vie de nos petits chérubins (allaitement, portage, vaccins, diversifications ...) mais bien celle qu'on ressent, ou du moins, celle que je ressens une fois ces besoins de base assouvis.

Ma culpabilité de maman qui travaille en entreprise

Je me suis sentie coupable pendant toute la période où je travaillais en entreprise, donc à l'extérieur: quand j'ai repris le travail après le congé maternité et que j'ai laissé ma fille encore bébé à la nounou mais aussi quand je n'ai pas réussi à demander un 4/5ème mais un 9/10ème. Voyez-vous je me sentais coupable de demander à ma supérieure un 4/5ème ... mais comme je voulais quand même avoir un peu de temps à passer avec ma fille, j'ai pris mon courage à 2 mois et j'ai demandé, ce que j'appelle désormais l'arnaque du siècle, un 9/10ème.

Je me suis sentie coupable, auprès de mes collègues et mon équipe, de partir plutôt le jour de mon 9/10ème qui se traduisait par le vendredi après-midi libre mais je me sentais aussi coupable de parfois, me garder cette demi-journée pour dormir au lieu de m'occuper de ma fille.

Je me suis sentie coupable à chaque fois que je partais en déplacement professionnelle, à chaque fois que j'emportais mon travail à la maison, à chaque fois où je n'étais pas disponible pour ma fille et ses besoins....

J'ai atteint le summum de cette culpabilité ce jour où j'ai laissé ma fille très malade pour assumer ma responsabilité d'employée..


Ma culpabilité de maman au foyer


L'année dernière, une période de transition s'est imposée où j'ai choisi de me défaire de toute activité professionnelle rémunérée pour accompagner ma fille et ma famille dans ce changement de cap. J'étais heureuse de pouvoir être là, pour elle et d'être enfin disponible et attentive à ses caprices besoins.

Je ne pensais pas retrouver cette foutue culpabilité sur la route: celle de laisser ma fille à la cantine le midi même si je savais très bien qu'elle adorait être à l'école avec ses copains ; celle d'être à court d'idées  pour lui trouver des activités même si je sais qu'il faut laisser un enfant se construire sans être constamment dans ses plates-bandes  ; celle de ne pas être finalement tout le temps disponible car je ne suis pas un robot et que oui, être maman au foyer, c'est prenant même avec un seul enfant, surtout quand tu te la joues maman solo en plus pendant 6 mois....


Ma culpabilité de maman qui travaille de la maison 

Celle-là, je me la garde encore un peu sous le coude ... sinon, c'est un billet fleuve que vous aurez.



Mais au fin fond de moi-même, je sais que ceci n'est pas rationnelle. "Tu sais maman, jamais je ne voudrais changer de maman, tu es la maman qu'il me faut!" me dit ma fille très souvent, et je la crois ... mais je ne peux m'empêcher de porter le poids de ce sentiment moche et sournois.

vendredi 18 janvier 2013

Conversations avec ma fille ...

La question de la mort continue de la turlupiner. Je ne suis pas souvent à l'aise pour en discuter mais parfois, je ne peux m'empêcher de rire devant ses petites réflexions ...

Maman, tu seras où quand tu seras morte?
Je serai au ciel.
Et moi, quand je serai morte?
Tu viendras nous rejoindre, on t'attendra avec papa.
Ah, le ciel, c'est comme un autre pays alors?
(Moi, manquant de m'étouffer de rire), Non, pas vraiment ...
Bon alors, ça ressemble à quoi?
Je ne sais pas. Tu sais, je n'ai jamais été là bas, alors ...


Maman, tu sais, je t'attendrai au ciel..
Ma chérie, c'est moi qui t'attendrai au ciel !
Pourquoi?
Ben parce que je suis plus vieille. Tu as encore toute ta vie devant (et voilà que je lui énumère tout ce qu'elle peut faire).
Mais toi aussi tu as encore toute ta vie devant toi !
Tu sais, moi j'ai 36 ans. J'ai déjà fait pas mal de chose. Toi, tu n'as que 4 ans et demi. C'est le début de ta vie !
Ah non, le début de la vie, c'est quand on a 1 an.


Sinon, Mademoiselle peut aussi me rendre chèvre avec ses petites phrases ... A vous de juger !





jeudi 10 janvier 2013

Quand elle parle de la mort ...


En une semaine, ma fille a réussi à bouleverser mon cœur de maman, deux fois.

Maman, est-ce qu'on meurt quand on est vieux?
Oui, quand on est très vieux ...
Mais alors, pourquoi papi est toujours vivant?

Maman, quand je serai grande, tu seras vieille, non? Et tu seras alors morte?
Oui, quand je serai très vielle.
Et papa? Il sera mort lui aussi?
Oui, mais pas avant très très longtemps.
Mais alors, je vais rester toute seule. Mais je ne veux pas rester sans vous. Je veux partir avec vous.

Elle a fini en pleurs après ce deuxième échange et moi, j'ai pleuré avec elle.

Et je me suis demandée ce qui se passait vraiment dans son petit cerveau, qu'est-ce qui a fait qu'elle s'est posée toutes ces questions, ce qu'elle doit ressentir et si elle a vraiment compris le sens des mots qu'elle a prononcé ...

Et même si je n'ai pas de réponse, je suis contente qu'elle m'en ait parlé, contente qu'elle m'a confié ses angoisses ...  et contente d'avoir été là, au bon moment, pour essuyer ses larmes et la prendre dans mes bras.



 

jeudi 15 novembre 2012

Grands principes, Petits compromis


Avant d'avoir des enfants ou même envisager d'en avoir, j'en avais des idées fixes. Et sur beaucoup de choses. Pourtant, je me plaisais à croire que j'étais ouverte d'esprit et que j'étais prête à voir/accepter des réalités et points de vue différents des miens. Mais avec du recul, j'étais quand même "intransigeante" sur pas mal de principes. Et avec du recul, je dois avouer que c'est facile, d'avoir des principes, quand on n'est pas dans la m****  le bain.


Avant d'avoir mon enfant,  je pensais être armée devant toutes les situations. Je ne comprenais pas le "laisser-aller'' de certaines mamans, je pensais que JAMAIS ma fille ne me fera de crise au super marché ou à IKEA  car tout simplement, je ne le lui permettra pas.  Bon, ma liste est longue, je continue ou bien... Et oui, vous pouvez rire.

Avant d'avoir mon enfant, je pensais que

- Le biberon, jamais elle n'aura, avant ses 9 mois ;
- Le bio et du fait maison, dans son assiette elle n'aura que ça ;
- Les bonbons, le plus tard elle goûtera ;
- Les dessins animés, une fois par semaine elle regardera ;
- Ses habits, c'est pas elle qui choisira ;
- Crier pour se faire obéir, je ne ferai pas
- Devant son papa, jamais on ne se contredira ..
- Un t-shirt Hello Kitty (ou Mickey), jamais elle ne portera.



Bref. Je vous vois ricaner derrière vos écrans. Et vous avez raison ! Et si pour me sentir moins seule, vous me laissez rire aussi? Quels ont été vos grands principes depuis remplacés par des petits compromis?

mercredi 14 novembre 2012

Nos petits et les sodas ...


Le Coca Light et moi, c'est une grande histoire d'amour (si si, c'est possible). Je devais avoir 15 ou 16 ans - je ne me souviens plus très bien - mais je me souviens que tous les sodas ont été bannis de la maison, du jour au lendemain. Mon petit frère ayant été diagnostiqué diabétique insulinodépendant, il n'avait plus le droit, et nous avec, aux sucreries si attrayantes pour un enfant de son âge. Il avait 6 ans.

C'est ainsi que le Coca Light a fait son petit chemin chez nous. Au début, personne ne pouvait supporter son goût. Mais on a fini par s'habituer et depuis, j'ai besoin de ma dose de Coca Light tous les jours comme d'autres ont besoin de leur dose de café ou de leur cigarette.

Enceinte, c'était la seule boisson que je pouvais boire (ou presque) sans vomir. Sachant que mes nausées m'ont accompagnées jusqu'au 7ème mois, je vous laisse imaginer le nombre de canettes ingurgitées.

Coca Cola Light, ma came quotidienne ...

Aujourd'hui, ma fille a 4 ans et demi. Elle adore boire de l'eau plate, de l'eau pétillante. Elle raffole des jus qu'on lui donne avec parcimonie. N'aime pas l'eau aromatisée mais aimerait bien beaucoup boire de ma canette de Coca Light. Ou boire de l'eau qui pique sucrée (Sprite) ou la limonade jaune sucrée (Fanta) et d'autres substances toutes plus colorées les unes que les autres (et plus chimiques aussi).

A chaque fois, on lui explique que son estomac est encore trop petit et qu'il risque d'y avoir des trous si elle en boit (oui, ne pas taper!). A chaque fois elle fait mine de comprendre et me demande si elle aura le droit d'en boire quand elle sera grande. A chaque fois je lui dis que quand elle sera grande, elle aura le droit de boire ce qu'elle voudra. Il s'en suit toujours (ou presque) une petite danse de joie de sa part.

Aujourd'hui donc, à 4 ans et demi, ma fille réclame et nous, on résiste. Ce n'est pas encore devenu une affaire d'état et heureusement que notre famille et notre cercle d'amis immédiat est dans la même démarche. Mais demain, à un anniversaire ou autre visite où on ne sera pas forcément pour surveiller, rien ne l'empêchera de tenter. Et vous savez quoi? Ce n'est pas bien grave.

On sait tous que le Coca et consoeurs contiennent des cochonneries à ne plus en finir (lire Savez vous ce que contient votre Cola sur aboneobio - Merci Laurence pour le lien) mais tout est question de modération. L'essentiel est que ça ne "s'invite pas tous les jours sur la table". Sinon, on peut aussi essayer d'isoler nos gosses dans une grotte et ne les sortir de là que vers leurs 18 ans. Qui est partant?

Et si vous voulez lire d'autres avis sur le sujet, c'est sur le fil de la discussion Facebook que ça s'est passé.


lundi 4 juin 2012

Bikinis pour petites filles, Oui ou Non?

Quel pourrait-être le problème des bikinis pour petites filles (de l'âge de ma fille par exemple) me direz-vous? Ben, je me pose la question justement.

Je ne parle pas des 2-pièces avec hauts rembourrés comme ces 2-pièces de la marque Primark très vitre retirés des rayons après l'indignation des parents et des médias.

Source: Dailymail.co.uk




Non, je parle des maillots de bain 2-pièces comme on en trouve un peu partout. Moi, naïvement (?), j'ai toujours pensé qu'il n'y avait pas d'arrière-pensée quand il s'agit de nos tout-petits et toutes-petites.

Pourtant, et au vu d'articles lus sur des blogs américains, il semblerait que ceci soit devenu un des sujets chauds du moment (sans aucun jeu de mot) à l'instar des débats sur l'allaitement et le co-dodo. Beaucoup crient à l'hypersexualisation des petites filles, à l'indécence, à l'absence de conscience parentale d'exposer ainsi la chair de notre chair et attirer les esprits mal tournés.

J'avoue avoir lu beaucoup de ces articles pour essayer de comprendre le raisonnement. Mais je bloque complètement. En ce qui me concerne par exemple, j'ai des photos de moi petite à 4 ou 5 ans avec seulement le bas du maillot 2 pièces et franchement, je n'y vois rien de sexuel ou d'indécent. Ma fille a un maillot une pièce mais aussi un 2-pièces. Je trouve les 2 maillots mignons et adapté à son âge. Et ça s'arrête là.

Peut-être quand elle aura 8 ou 10 ans, j'aurai une autre façon de voir les choses. Mais à 4 ans, je ne peux voir que son innocence et son insouciance.

En revanche, je ne mettrais jamais ce 2-pièces sirène à ma fille par ce qu'il est tout simplement hideux. Vous ne trouvez pas?

Le devant du maillot sirène
Le dos du maillot sirène 


lundi 26 mars 2012

La Mère Parfaite, un cliché dévastateur...

 Comme beaucoup d'entre vous, je pense, j'ai regardé ce dimanche l'émission Zone Interdite consacrée aux "Mères au bord de la crise de nerf".


Je soupçonnais le côté dur de l'émission mais leur faisait tout de même confiance au traitement du sujet ... et j'ai eu raison.

mardi 6 mars 2012

Notre influence de parent ...



L'idée que ma façon de voir la vie, en tant que parent, peut façonner sa vie, me fait parfois peur.

Ces images qu'on veut bien leur montrer, les histoires qu'on veut bien leur raconter, la musique à laquelle on veut bien les exposer, les endroits qu'on veut bien leur faire visiter... Tous ces choix infinitésimaux qu'on fait pour eux ont un impact immense sur leur façon de voir les choses, la vie.

La religion (ou l'absence de religion), les choix alimentaires, les méthodes d'apprentissage et d'éducation, la façon d'appréhender l'être et le paraître... Tous ces choix de vie que nous faisons pour eux, consciemment ou inconsciemment d'ailleurs, n'est-ce pas (parfois) un moyen de les façonner à notre image au lieu de regarder qui ils sont vraiment, leurs capacités, leurs envies.

lundi 23 janvier 2012

Le pays où les enfants se tiennent bien à table...

Il paraît que chez nous, en France:
- Les bébés font leurs nuits très vite
- Les enfants se tiennent bien à table
- Les mamans arrivent à avoir une discussion d'adultes avec ses amies sans être interrompues par des cris incessants d'une marmaille surexcitée ...
Et j'en passe certainement des vertes et des pas mûres, vu que je n'ai pas (encore) lu le dernier OVNI en date,  French Children don't throw food: Parenting secrets from Paris


Ce livre suscite des débats et des réactions en chaîne, outre-manche mais aussi outre-atlantique. Pamela Druckerman, auteure de ce livre, est une américaine, mariée à un anglais. Elle habite à Paris et a 3 enfants. Dans la description du livre et dans les différents articles que j'ai pu lire à ce sujet, elle a mené son enquête auprès de ses amies et voisines Parisiennes mais aussi auprès de spécialistes et d'instituteurs.

Les résultats peuvent paraître anecdotiques mais elles ont l'air d'agacer au plus haut point les autres parents, les anglais par exemple qui trouvent les français rigides et autoritaires quand il s'agit de l'éducation des enfants.

Comme précisé, je n'ai pas encore lu le livre mais je viens de le commander sur Amazon et vous promets de partager mon propre avis sur la question. Mais j'espère sincèrement que les "conclusions" citées ci-haut, ne sont que de l'ordre de l'anecdotique car des enfants qui se tiennent mal à table, qui font la fine bouche devant des haricots verts et font tourner leurs parents en bourrique, j'en connais des tas.



jeudi 12 janvier 2012

Parler de l'handicap à mon enfant

Il y a quelque temps, sur le chemin de l'école, j'ai rencontré une maman accompagnée de sa fille. La fille était dans un fauteuil roulant. Il était clair que la petite fille était handicapée. Sa posture indiquait ne pas pouvoir bouger ses jambes. Elle semblait ne pas pouvoir bouger ses bras non plus ou alors pas complètement. Je suis incapable de vous donner le diagnostic de son handicap. Elle avait un très joli sourire et semblait curieuse de tout.

Ma fille l'a pointé du doigt et m'a demandé: "Qu'est-ce qu'elle a maman? Pourquoi elle ne marche pas comme moi?". J'étais complètement prise de court. Je ne savais pas quoi répondre. Enfin si, j'allais commencer ma phrase par "la pauvre" et je me suis ressaisie tout de suite. J'ai senti que ce n'était pas la meilleure façon de commencer une phrase en parlant de l'handicap de quelqu'un d'autre. J'ai balbutié un truc du genre "elle ne peut pas marcher". Ma fille ne s'est pas contentée de si peu et voulait comprendre pourquoi.

J'ai compris que je n'étais pas armée pour répondre à ce genre d'interrogations et que j'ai raté une opportunité pour pouvoir parler de ce que c'est l'handicap à ma fille. Et ça m'a chagriné. Je me rends bien compte que les enfants (et même les adultes) handicapés sont sous-représentés dans notre société. J'en ai pas vu à son école, on en voit pas dans les dessins animés ou dans les pubs. On en voit pas ou peu dans les entreprises. Et j'en passe.

Depuis, j'essaye de me documenter, de me renseigner, de lire des blogs consacrés à ce sujet. C'est ainsi que j'ai découvert un blog américain, Love That Max, tenu par Ellen, une maman d'un petit garçon, Max, atteint de paralysie cérébrale. Dans son blog, elle évoque son quotidien de maman d'enfant avec "special needs". D'ailleurs, je pense qu'on ne parle pas d'handicap en Anglais mais bien de "Special Needs". Par ce terme, on désigne les personnes qui ont besoin d'une assistance particulière suite à un handicap, qu'il soit physique ou mental.

Ellen écrit par ailleurs dans Parents.com où elle traite de sujets relatifs à l'handicap et a, notamment, mis en avant une pub par l'américain Target où la marque fait figurer des enfants trisomiques:

Source Parents.com

Source Parents.com

C'est tellement rare qu'on a envie d'applaudir avec les deux mains (et les pieds tant qu'on y est). Mais ça ne devrait pas l'être? Pourquoi ne pas représenter tous les enfants: il y a tellement de beaux enfants de toutes les origines, des handicapés, des trisomiques... A quand une pub de céréales ou de chocolat où tout le monde peut s'identifier? Ca permettra certainement de rendre visible ce que la société semble nous cacher et permettre à nos enfants d'accepter les nuances et différences qui existent.

Et si comme moi, vous voulez vous préparer à la prochaine question que votre enfant vous posera à ce sujet , je vous suggère de lire cet article (désolée, c'est en Anglais): How to talk to your child about disabilities. Si vous avez par ailleurs des livres qui peuvent aider, n'hésitez pas à laisser les titres en commentaire de ce billet.

mercredi 24 août 2011

L'autorité parentale, la paille et la poutre

«4 Français sur 5 considèrent que les parents n'exercent pas assez d'autorité sur leurs enfants »*

Au fil de mes pérégrinations sur twitter, j’ai trouvé un article intéressant basé sur un sondage TNS Sofres pour Psychologies Magazine avec plus de 900 personnes interrogées* à propos de l’autorité parentale. L’article met en avant plusieurs constats qui m’ont interpellés. Mais au-delà de ces constats, c’est autre chose qui m’a gêné. Mais commençons par les chiffres :
  • Premier constat, « 76% des Français considèrent que les parents n'exercent pas assez d'autorité sur leurs enfants ». Un chiffre qui reste stable auprès des parents mais qui explose auprès de ceux dont les enfants ont quitté le foyer: 86% !!!. 
  • Cette carence d’autorité est également perçue par 81% des Français qui trouvent que « les parents autour [d'eux] ont du mal à se faire obéir de leurs enfants ». 
  • Surprise, surprise, quand il s’agit de la perception de sa propre autorité parentale, la tendance est complètement inversée avec 83% des parents qui « déclarent ne pas avoir (eu) du mal à faire obéir leurs enfants (dont 46% pas du tout) ». Tiens tiens, ça ne serait pas un cas typique de cette maladie si bien répandue « On voit la paille dans l'œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien*" ? 
A la première lecture de l’article, j’ai pensé tout de suite que juger les autres est quand même ce qu’il y a de plus facile… et j’ai repensé à tous ces regards assassins que je me suis prises lors de la seule et unique crise de caprice dans les allées d’IKEA. J’imagine très bien les gens, les autres parents penser que je n’ai aucune autorité sur ma fille et que, pffff, JAMAIS ça ne serait permis quand ils auront des enfants/jamais ça n’aurait été permis avec leurs propres enfants. Est-ce qu’on a le droit de juger l’autre sur la base d’une seule situation ? Que savons-nous des circonstances, du contexte familial, de la situation elle-même ? Et puis que veut dire vraiment ne pas exercer suffisamment d’autorité sur son propre enfant ? A quel moment peut-on décréter que tel parent a un vrai problème d’autorité ?


A 3 ans, quand ma fille ne veut pas manger un yaourt nature et lui préfère celui à la vanille, quand elle ne veut pas mettre de t-shirt mais un débardeur pour «avoir le bras grand» (i.e. le bras dénudé) et qu’elle ne veut pas faire de sieste le samedi pour profiter de papa et maman … et que moi je cède à tout ça, est-ce que cela signifie que mon cas est irrécupérable ?

* Pour lire l’article complet c’est sur le site TNS ainsi que pour voir les résultats complets de l’étude (c’est par là).

Et  Merci Vermicel de m’avoir aidé à retrouver le proverbe !

lundi 8 août 2011

Faut-il tout dire aux enfants?

Ce vendredi, nous avons reçu une triste nouvelle. Sans rentrer dans les détails, mon beau-père est un peu souffrant et quand MMM m'a appelé pour me l'annoncer, j'ai ressenti cette grosse boule élire domicile dans ma gorge. Elle y est toujours.

Quand le soir on a récupéré ma fille, je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire que papi était un peu malade et qu'il va falloir qu'on pense très fort à lui. Je n'ai même pas réfléchi avant de lui en parler, comme ça, spontanément. Pourtant, c'est bien après que je me suis posée la question de la pertinence d'une telle information.

Les grands parents paternels et maternels de ma fille n'habitent pas tout à fait à côté. On a besoin de prendre l'avion pour pouvoir leur rendre visite. Malgré la distance, nous essayons de nous organiser afin qu'on puisse se voir très souvent. Ma fille adore ses grands parents, comme n'importe quelle petite fille. Et moi j'aime cette relation particulière qu'elle a tissé avec chacun d'entre eux.

MMM a fait le voyage ce week-end pour être à côté de son père et ainsi nous tenir informés en direct de son état de santé, qui a l'air de s'améliorer. On a donc également expliqué à ma puce que papa était en voyage pour justement rendre visite à papi parce qu'il est malade.

On aurait pu ne pas en parler, ne pas mentionner tous les détails. On aurait pu juste dire à ma fille que son papa partait en voyage 3 jours pour voir papi et mamie et s'arrêter là. Mais j'ai senti que je n'avais pas d'autre alternative, que je n'avais pas le droit de lui cacher ce genre de situations. Que c'était la seule chose à faire, sur le moment.


♥ Ce billet a été sélectionné dans le top Famille & Couple sur Hellocoton
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